[ Escalade glaciaire ]

C’est,…. c’est la matière qui m’attire… depuis toujours.
Déjà à, plat sur les lacs à l’automne quand la montagne attend la neige, cette transparence, ce solide improbable, ce solide redouté. Mais s’y tenir à la verticale dans ces orgues de glace …ça jamais Aller regarder oui… pour le plaisir des images, pour le son qu’on aimerait connaître, pour côtoyer les grimpeurs de l’autre monde . Et puis on finit par accepter juste trois mètres avec le matelas de neige en dessous. Et très vite c’est trop tard. On est la glace, on est dedans. Pointes avant, broches, les bras qui tétanisent et les jambes qui tremblent Très vite aussi l’écoute de la glace … la beauté de la glace. Le mat des piolets, la féerie, l’opéra du gel, l’écoute, le souffle, le cœur qui bat Mon cœur, mon cœur ne t’emballe pas Mince c’est haut je voudrais redescendre et continuer tout à la fois Heureusement il y a Christophe à l’aise qui prend le temps, qui explique… le frappé des piolets, la pose de la broche, l’angle du pied avec la glace Il y a sa confiance, son allure détendue Et puis on sort par le haut et c’est à n’y pas croire et la descente en rappel est une autre visite des cascades de la glace. Il y a ce baptême, il y aura les apprentissages… les hivers pourris de glace à peine formée et les hivers divins et leurs drapés, il y aura les découvertes, les beautés insoupçonnées. Une lecture nouvelle de la montagne se présente et avec elle tout ce sur quoi elle ouvre dans les ailleurs infinis. Claude



escalade sur une goulotte de glace